En février dernier, j’ai eu la chance de vivre une expérience transformatrice. Je tenais à vous partager quelques-unes des leçons que j’ai apprises au festival ENVISION qui se déroulait à Uvita, une petite ville côtière du Costa Rica.

 

DON’T GO FOR THE CONSTRUCT, GO FOR THE EXPERIENCE.

 

La veille du festival, j’ai consulté l’horaire qu’on venait de me remettre. L’hémisphère droit de mon cerveau m’a convaincu de lire la description des profs de yoga et des cours qu’ils offraient. Je souhaitais me dresser un horaire de 4 jours pour m’assurer de ne rien manquer.
L’hémisphère gauche a alors enclenché un débat avec un excellent argument :
-Et si, dans l’univers où tu t’apprêtes à pénétrer, il n’existe pas telle chose qu’une cédule horaire?
 
J’ai tout rangé, j’ai fermé les yeux et j’ai fait une demande précise avec ce que je voulais comme résultat. J’ai compris que dans la vie, les résultats ne découlaient pas seulement d’une équation prédéfinie. La vie est bien plus qu’une simple addition de moments qui conduit à un résultat. La vie est une expérience qui peut nous mener bien plus loin, vers quelque chose de bien plus grand.

Comme a dit Steve Jobs : « You can only connect the dots looking backward ».
Nous devons arrêter de tout prévoir, de tout mesurer et de tout contrôler. Laissons-nous aller dans ce courant imprédictible en sachant que notre guidance intérieure nous menera au bout de nos rêves les plus fous en nous pointant la direction qui nous permettra d’atteindre l’endroit, le défi, la rencontre, la conversation dont on avait précisément besoin pour contribuer au développement de notre potentiel.  

 

LA NORMALITÉ N’EXISTE PAS.

 

Dès mon arrivée sur le site, j’ai eu l’impression qu’un coup de massue s’abattait sur mon esprit, y annihilant tout ce qui restait de jugements. 
Voilà ce qui se produit quand plus rien n’est « normal », quand on se retrouve parmi 60 000 individus complètement différents, quand notre zone de confort n’existe plus, quand on ne peut fuir une situation.
On réalise alors que faire comme les autres ne constitue pas une option, puisque tout le monde est différent, tout le monde est unique et contribue à la vie à sa façon. C’est ce qui rend ce festival indescriptible. Il s’agit d’un environnement où la fermeture d’esprit, l’incompréhension et la peur de la différence ne peuvent survivre, où l’illusion de la séparation devient un voile qu’on ne peut plus porter une fois entré.

 

LA SANTÉ N’EST PAS SEULEMENT NÉCESSAIRE D’UN POINT DE VUE PHYSIQUE.


Je me trouvais entouré d’une centaine de personnes ce soir-là, tous assis autour d’un feu de camp. Nous participions à une cérémonie du cacao, une centaine de curieux qui voulait en savoir plus sur cet ancien rituel maya. Trois frères guatémaltèques guidaient la cérémonie au rythme des tambours. Ils nous ont partagé un aspect de leur ancienne et riche culture. De génération en génération, ils ont entretenu une admiration mythique pour le cacao, une ancienne médecine qui  s’attaque à un mal qui n’est pas physique. Nous avons dégusté une tasse de cacao pur, mélangé avec un peu d’eau chaude pour lui donner un aspect juste assez liquide pour le boire. Et moi qui croyais qu’une tasse de café au mois de février, ca réchauffait le cœur…

J’ai aussitôt senti le cacao circuler dans mes veines, jusque dans le bout des doigts et des orteils. La médecine était en symbiose avec ma circulation sanguine et j’ai senti mon cœur et celui de mes centaines d’acolytes prendre de l’expansion. Une condition qui avait comme effet secondaire l’incapacité à résister à cet amour qui surgissait tout autour de nous, venant de la lune, des étoiles, de la chaleur qui se dégageait des flammes et du rythme transcendant des tambours. Chacun succombait à cette sensation à sa façon : certains criaient, d’autres riaient ou pleuraient. C’était à la fois chaotique et harmonieux.
Une soirée qui nous a rappelé à tous à quel point il est bon d’aimer, à quel point il est important de se réjouir et de célébrer la vie. Voilà une médecine qu’on doit se prescrire quand on a tendance à oublier la beauté et la légèreté de notre existence.

À une époque où la promotion de la forme physique et de la performance est en pleine effervescence, il est bien de nous rappeler qu’en plus d’entretenir notre corps physique, il est important d’entretenir notre flamme intérieure, puisque c’est elle qui nous permet de surmonter ces obstacles qui parfois surviennent sur notre chemin et devant lesquels notre force physique ne peut rien.

 

 

METTONS FIN À CETTE CHASSE CONSTANTE À L’INFORMATION.



Notre mental agit comme un enfant en manque d’attention : il tente sans cesse de nous distraire, de porter un jugement ou d’émettre une opinion.
Ce mental vit à la bonne époque, il trouve toujours quelque chose à quoi s’accrocher : la une d’un journal, un fil d’actualité, un film ou encore un magazine. Cette constante chasse à l’information nous éloigne jour après jour de notre vérité intérieure, superposant les une par-dessus les autres les couches d’informations qui sont, la plupart du temps, complètement inutiles. 

Les yogis croyaient que grâce au yoga, il était possible de nous débarrasser de nos couches d’informations que nous trimbalons depuis notre naissance pour faire place à la réalisation de soi : le Dharma.  Cet accomplissement représente en fait la découverte de la raison d’être de l’âme et selon eux, c’est à ce moment que nous pouvons vivre notre passion et connaître la véritable liberté.
Soyons conscients de ce que nous écoutons et regardons, à ce à quoi nous accordons notre attention. Est-ce utile? Est-ce que ça contribue à notre cheminement? Dans la négative, faisons-nous donc le cadeau de nous en débarrasser. 


NE LAISSONS PAS NOS PEURS NOUS DÉFINIR, SURMONTONS-LES!

 

Le chemin menant à la plage nous transportait dans une autre époque : 500 mètres dans une jungle luxuriante, jonchée d’opportunistes de toutes sortes, bijoutiers, herboristes, peintres, épiciers, rien n’y manquait. 
Alors que je parcourais ce chemin pour me rendre à une cérémonie célébrant le coucher de soleil, une jeune femme nue marchait à mes côtés.
J’étais témoin de tous les regards portés sur elle et je la voyais marcher la tête basse. Je sentais son désarroi. Je lui ai demandé pourquoi elle était nue. 
Elle m’a répondu qu’elle avait toujours été affectée par le regard des autres et que l’idée d’être nue en public la terrorisait profondément.
Au moment où j’ai cru voir fragilité et vulnérabilité, il s’agissait plutôt de la force d’une guerrière qui savait que cette souffrance n’était que passagère et qu’elle devait être vécue dans cette transformation personnelle. Cet exemple s’avère particulièrement extrême, je le concède, mais le message n’aurait pu être plus clair pour moi. Cette graine qu’elle a plantée dans mon esprit a germé instantanément.

 

LE POUVOIR DE CHANGER LES CHOSES EST OFFERT À TOUS.

 

Un peu avant l’aube, j’ai aperçu, comme tout droit sortis d’un film de Disney, un prince et une princesse qui gambadaient main dans la main avec fougue, audace et passion, et qui distribuaient des baisers volants à tous ceux qui croisaient leur chemin.
Comme s’ils voulaient s’assurer que la flamme de leur amour réchauffe le cœur de tous ceux qui en avaient besoin. Telle était leur contribution au monde extérieur.
Nul besoin de mentionner qu’ils m’ont grandement inspiré. Pendant tout le reste du festival, j’ai marché les yeux et le cœur grand ouverts, offrant à tous un sourire sincère. J’ai pu constater l’importance de mon action à chaque sourire que je recevais en retour. 

Voilà un grand problème que nous éprouvons tous : l’impuissance et la déception au sein d’une société qui prend des airs de cauchemar collectif.
Rappelons-nous que nous sommes tous des guerriers et des guerrières, des dieux et des déesses. Cherchons en nous et trouvons la force nécessaire pour occasionner les changements que nous pouvons apporter près de nous.
On a tendance à croire qu’on vient au monde d’une certaine façon et qu’on ne peut pas changer, qu’on doit accepter notre situation telle quelle, que ce soit une condition physique ou une situation fortement éprouvante émotionnellement.
La vérité, c’est qu’en tout temps, il est possible de changer, de tout changer, profondément jusqu’à notre ADN.

À l’intérieur de chacun de nous se trouve un atelier, donnons-nous la chance d’y faire un peu de ménage, de nous débarrasser de nos vieilles couleurs désormais inutiles et partons à l’aventure. Risquons-nous à choisir de nouvelles teintes, des teintes qui nous permettront de transformer notre vie en œuvre d’art.

 

APPRENONS À LAISSER ALLER.

 

Je dansais les yeux fermés depuis un long moment.
Je ne les ai entrouverts qu’un instant et je l’ai vue, qui se tenait à une dizaine de mètres de moi. Tout le reste était flou, puisque je n’y portais aucun intérêt. Vêtue entièrement de blanc et semblant flotter au son de la musique, elle me regardait depuis je ne sais combien de temps. Elle s’est avancée tranquillement, contournant chaque danseur avec grâce sans me quitter des yeux. Deux immenses globes de lumière scintillants qui se sont retrouvés à quelques centimètres de moi. Au moment où elle a collé ses mains en prière sur mon front, nos pupilles se sont fermées à l’unisson. 
Le temps n’existait plus. Étais-je debout ou couché, touchais-je même encore au sol? Seuls nos deux êtres évoluaient au centre d’un univers qui ne comptait plus pour nous. 

Lorsque nous avons ouvert les yeux, j’ai voulu qu’elle reste près de moi, qu’elle ne me quitte pas. J’ai entrouvert la bouche pour lui parler et tout doucement, elle a déposé son index sur mes lèvres, afin de me garder muet juste assez longtemps pour me regarder une dernière fois avant de se dissiper comme par magie, de la même façon qu’elle m’était apparue.

J’ai repris mes esprits et j’ai fermé les yeux, un sourire de gratitude imprégné sur les lèvres.
Au fond de moi, je savais que cet amour que je venais de laisser partir me reviendrait très bientôt, sous une autre forme.

On a tendance à vouloir s’accrocher à certains attributs de notre vie, par crainte de les perdre. On doit toutefois comprendre que ce n’est pas ainsi que ça fonctionne. Tout n’est qu’énergie en circulation, et lorsqu’on s’accroche à une chose comme l’amour, on l’empêche de circuler librement et surtout d’apparaître et de réapparaître en abondance dans notre vie.

 

APPRÉCIONS LA NOURRITURE.

 

Plus tard, au petit matin vers 3 h, j’ai eu le sentiment du devoir accompli, après 8 heures de yoga et 6 heures de danse.
J’ai eu le temps de sécher un peu durant ma marche vers le kiosque à falafels. J’avais déniché l’endroit le jour précédent, et pour le rapport quantité-prix, le choix était indiscutable.
C’était peut-être le 300e repas que l’artisan culinaire préparait, mais il a empoigné le pita de sa main gauche et sa pince argentée de la droite, et il m’a lancé un « ’Sup bro » et il a commencé son délicieux chef d’œuvre en me souriant. Mon nouveau « bro » déposait chaque ingrédient avec minutie dans le pita et s’assurait d’en inclure un maximum, comme s’il le concoctait spécialement pour lui.
Il m’a tendu la pièce de résistance en me disant « This is tha good stuff, bro. Enjoy! ».

J’ai fait quelques pas pour aller m’asseoir contre une souche d’arbre. Mes papilles gustatives salivaient déjà, prêtes à accueillir ce débordement de saveur. 
C’est à ce moment que j’ai réalisé que le maître du falafel ne m’avait pas seulement offert un repas, mais qu’il y avait mis de l’amour et que ça pouvait se goûter et s’apprécier.

Mettons de l’amour dans notre nourriture quand nous cuisinons. Mettons-en dans tout ce que nous faisons. Vous verrez que les gens le reconnaîtront et l’apprécieront.

 

 

 10460491_892010520849456_5775475951963520821_n